théâtre

« Una costilla sobre la mesa: Padre » d’Angelica Liddell

Je vous propose une pièce de théâtre hors du commun! Avis aux amateurs de sensations et de philosophie, vous allez être servis et surpris!

« Una costilla sobre la mesa: Padre » est une pièce de théâtre, en espagnol surtitrée en français, mise en scène par Angélica Liddell au théâtre national de la Colline. Faisant partie d’un diptyque avec « Una costilla sobre la mesa: Madre », elle est représentée en alternance jusqu’au 7 février 2020.

Angélica Liddell est née à Figueras, en Espagne, en 1966. Après des études de psychologie et d’art dramatique, elle fonde au début des années 1990 la compagnie Atra Bilis, en latin, la « bile noire », considérée par la médecine antique comme étant la source du génie et de la mélancolie.

Ses dernières oeuvres ont été présentées au Festival d’Avignon, Wiener Festwochen, à la Schaubühne de Berlin et au Théâtre de l’Odéon parmi beaucoup d’autres théâtres en Europe, Amérique du Sud, États-Unis et Asie.

Angélica Liddell a reçu le Prix national de littérature dramatique en 2012 par le ministère espagnol de la Culture pour La Casa de la fuerza, ainsi que le Lion d’argent lors de la Biennale de Venise 2013. Elle est nommée, en 2017, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture et de la Communication de la République française.

Tout d’abord ce diptyque rend hommage au père et à la mère de l’artiste ayant été confrontée à la mort de ses parents à trois mois d’écart. « Una costilla sobre la mesa: Padre » est mise en scène et joué par Angélica Liddell avec Beatriz Alvarez, Laura Jabois, Raquel Fernandez, Oliver Laxe, Blanca Martinez et Camilo Silva.

Il est tout à fait possible d’être perdu dans son propos mais il est surtout important de lâcher prise et de ressentir ce que l’artiste veut nous faire comprendre. Utilisant de nombreuses références: à la fois philosophiques avec Gilles Deleuze ou bien Hegel, explorant par psychanalyse le trauma du deuil de ses parents. Nous retrouvons également des références bibliques avec les images de la Vierge matrone, de Sainte-Thérèse et de Jésus.

Angélica Liddell montre au travers cette pièce de théâtre des questions existentialistes: au fil du temps et de l’âge, l’enfant devient le parent de ses propres parents. Lamentations, performances, cris, monologues philosophiques et chants, tous se mêlent dans une cérémonie funèbre et rituelle.

C’est dans un moment de grâce et de lyrisme que l’artiste nous dépeint son père en trois phases: enfant, adulte et vieillard. Angélica Liddell interroge la réalité de la vie, de la mort et de la religion dans notre société moderne.

L’artiste a une volonté de sacraliser la pièce en investissant le corps. Inceste, masochisme, gestes provocateurs et questionnements sur la souffrance, tout cela peut entraîner en nous un sentiment de peur et de refus mais également un sentiment de compassion et de curiosité. L’artiste nous montre de manière crue à quel point l’art est comme une rédemption ou comme un échec perpétuel.

C’est dans une démarche sincère qu’Angélica Liddell nous ouvre son moi intérieur et nous le dresse sur la scène dans un spectacle des plus surprenant.

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous rendre au Théâtre de la Colline! N’oubliez pas de vous abonner à la newsletter pour suivre l’Epinart et à très vite pour plus de vitamines!!

Courtesy de l’artiste

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